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20 janvier 2011 4 20 /01 /janvier /2011 11:14

Etudiant en 3ème année à l’université d’Evry, Vincent Saint-Charles fait partie des 5000 jeunes à s’être rendu aux premières rencontres « Nos quartiers ont des talents ».

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« Bonjour, je m’appelle Vincent. Vous dites que le métier de commercial a changé et qu’on gagne très bien sa vie. Mon père est commercial à Conforama depuis vingt ans. Il vend des cuisines. Son salaire n’a jamais évolué alors qu’il a toujours voulu avancer… Pourquoi ? » Réponse de Pascal Alexandre, directeur du réseau des agences France-Télécom-Orange lors d’un débat sur le choix des filières : « Il y a des gens qui ont la niaque, d’autres pas. Pour gravir les échelons et avoir plus de responsabilités, il faut en vouloir, c’est une attitude ». A question gênante, réponse méprisante.

Vincent Saint-Charles est un jeune homme sérieux qui aime poser des questions qui fâchent. « C'est dans ma nature, je suis direct, j'aime bien comprendre les choses.» Pour aller aux rencontres organisées par Nos quartiers ont des talents, il s’est vêtu d’un costume. On le retrouve quelques jours plus tard, plus décontracté, à l’université d’Evry. Après un DUT management et ressources humaines à Lieusaint, il choisit un cursus institution, administration et entreprises, où se mêle droit du travail, économie des entreprises, communication ou gestion du personnel... Il a bien cherché du côté des écoles de commerce mais les frais d’inscription sont prohibitifs. S’il n’a pas d’idée préconçue sur un métier, il sait en revanche qu’il aime organiser des événements et gérer des équipes. « Dans la fonction publique, au Ministère des sports peut-être», lance-t-il.

A 20 ans, son agenda est bien rempli : il est président du club de handball de sa ville, Vigneux-sur-Seine, et membre actif de deux organisations étudiantes : l’UNEG (Union nationale des étudiants en gestion) et l’association PDE (Promotion et défense des étudiants). C’est tranquillement que l’étudiant parle de son éducation, cherchant les mots justes pour raconter ce qui lui semble évident : une enfance bien vécue, des parents aimants et attentifs. Son père lui a transmis le goût des discussions et des débats d'idées. « Mes parents sont très déterminés et très courageux. Ils n’ont pas fait d’études supérieures mais ils m’ont toujours poussé à travailler deux fois plus que les autres pour y arriver.» Vincent s’arrête. Puis sourit. « Mon père me répète souvent cette phrase : Cultive ton esprit pour en récolter les fruits ».

Pour « soulager ses parents », il travaille pendant les vacances comme animateur dans les centres de loisir et perçoit une bourse de 150 euros par mois. « Je préfère me débrouiller mais quand j’ai vraiment besoin, je demande à mes parents.» Vincent a découvert le monde du travail par les stages. Et regrette qu'en France, tout marche par réseaux... « On connaît tous des gens qui ont bac +5, qui enchaînent les CDD. Je me suis rendu compte il y a peu que ça allait être très dur. »

Ixchel Delaporte

photo I.D

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