1 juillet 2012 7 01 /07 /juillet /2012 14:19

 

Mrap_discriminations.pngInédite et courageuse. Proposée par l’Ined (Institut national d’études démographiques) et initiée en 2009 auprès d’agents de la collectivité parisienne, une enquête se penche sur l’égalité professionnelle et la perception des discriminations. Quelle est l’influence des critères d’âge, de genre, de nationalité ou de qualification sur le parcours professionnel ? Quel est le ressenti des discriminations par les agents de la fonction public de la ville ? Les réponses de 4500 agents aux questionnaires anonymes, volontaires et auto­administrés ont permis aux démographes Patrick Simon et Mireille Eberhard d’observer d’une part le rôle du diplôme obtenu dans le développement ou non des carrières, et d’autre part les mécanismes de discrimination souvent indirectes.

L’enquête révèle une probabilité plus forte d’être en catégorie C pour les personnes originaires d’Outre­mer, leurs descendants et les immigrés d’origine africaine. Pour l’ensemble des répondants, l’âge et l’état de santé se détachent comme principaux motifs de discrimination potentielle (autour de 52 %). Le sexe, l’origine et la couleur de peau forment un second ensemble, autour de 46 %. Par ailleurs, les chercheurs constatent que « les femmes, les jeunes (35 ans et moins) et les agents originaires de l’Outre­mer et d’Afrique (sur deux générations) déclarent plus d’expérience de discrimination que les autres agents», affectant un peu plus du quart des répondants. Les originaires de l’Outre­mer, leurs descendants et les descendants d’immigrés africains sont les plus exposés : plus de 40 % déclarent avoir fait l’expérience d’insultes. Les auteurs de ces atteintes sont en premier lieu les collègues (cités dans 51 % des cas, ce qui correspond à 660 agents). Cependant, 37 % des répondants (soit 480 agents) ayant vécu des attitudes hostiles les attribuent aussi à leurs supérieurs hiérarchiques.

L’aspect inédit de l’enquête tient à la nature des questions et à l’exploitation de données sur l’origine immigrée des employés. Comme toutes les administrations, la ville de Paris n’enregistre guère ces informations. Du coup constate le rapport, « il y a un décalage entre, d’une part, la mise en place de sensibilisation et d’actions relatives à la lutte contre la discrimination et à la promotion de la diversité  et, d’autre part, l’absence d’information sur les déséquilibres éventuels et les moyens de leur remédiation, par manque de données quantitatives ».

Dans un premier temps, cette étude devrait permettre à la Ville de Paris d’établir un diagnostic plus pointu face aux discriminations subies par ses agents. Elle a dores et déjà annoncé l’amélioration de la diversité des recrutements, «en assurant une meilleure représentation de la diversité dans les postes de direction». Veiller aussi à ce que les formations bénéficient aux agents peu diplômés et améliorer l’accès à l’information sur les recours pour les victimes de discrimination.

 

Ixchel Delaporte

dessin Charb/MRAP

http://www.ined.fr/fichier/t_presse_fichier/59/fichier_fichier_fr_synth.se.simon.mairieparisdef.pdf 

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commentaires

S. Festa Infantil 19/07/2014

Habituellement immigrés qui souffrent le plus de discrimination je l'ai vécu et je sais combien il est difficile

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