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6 juin 2012 3 06 /06 /juin /2012 20:18

JP REVEL (2)Depuis le 6 mai, l’Humanité passe en revue les principales attentes du peuple de gauche. Aujourd’hui, l’emploi des jeunes avec Jean-Philippe Revel, de la CGT des missions locales.

 

Les missions 
locales jouent 
un rôle primordial pour l’insertion 
des jeunes dans le travail. Ce rôle a-t-il été mis à mal pendant le dernier quinquennat ?

Jean-Philippe Revel. Globalement, 
il n’y a pas de grosse différence 
entre la droite et la gauche sur 
le sort réservé aux missions locales. Ces structures ont trente ans d’âge 
et ont été inscrites dans le Code 
du travail en 2005, suite à la loi Borloo. En 2005, il y a eu la mise 
en place de l’accompagnement renforcé avec la création de 2 000 postes financés par l’État.
Les alternances politiques n’infléchissent heureusement 
pas les objectifs des missions 
locales. Il faut plutôt profiter 
du changement pour rappeler 
les fondamentaux des missions locales. Ce sont des associations 
avec des élus au conseil d’administration qui vise à 
mettre en œuvre une politique d’insertion et d’initiative locale, 
sans perdre de vue que la politique 
de l’emploi reste la prérogative 
de l’État, dans le cadre 
d’un service public de l’emploi.


François Hollande a décrété la jeunesse comme une priorité nationale. Qu’en pensez-vous ?

Jean-Philippe Revel.Faire de la jeunesse une priorité ressemble plus à un slogan de campagne qu’à une réalité. Il faut d’abord viser un accompagnement 
des jeunes dans une approche globale. Son autonomie et son suivi passent par la prise en compte de la situation du jeune dans sa totalité : santé, logement, culture, emploi, formation, etc. De même, il me paraît difficile de parler des problématiques de la jeunesse sans parler d’économie industrielle. La compétitivité telle qu’elle est définie originellement par l’Europe a pour visée le bien-être social des gens et non pas la concurrence sauvage et sans limites, admise aujourd’hui comme une fatalité. Les salariés des missions locales sont soumis à la LOLF et à des indicateurs de résultats qui mettent en concurrence les structures, alors que nous ne sommes pas dans une logique de segmentation des problèmes.


Selon vous, que devraient être les priorités du nouveau gouvernement ?

Jean-Philippe Revel.Relancer une vraie politique industrielle, arrêter les exonérations de cotisations sociales pour soi-disant valoriser les entreprises alors qu’on sait pertinemment que ça ne marche pas... Il faudrait aussi arrêter le non-remplacement d’un départ à la retraite sur deux des fonctionnaires. L’État avait lancé un contrat qui s’appelait le pacte, qui permettait aux jeunes sans diplôme de rentrer dans la fonction publique. Il faudrait remettre ce pacte en route, avec 
de véritables créations de postes.


Les missions locales attendent-elles des actions concrètes et rapides 
pour renforcer leur action ?

Jean-Philippe Revel.Oui. On espère que l’accompagnement des jeunes sera une priorité. Pour cela, il faut garantir la pérennité des financements. Une circulaire dite « convention pluriannuelle d’objectifs » sur 
les financements faisait converger notre action uniquement sur 
l’accès à l’emploi. Nous demandons l’abrogation de cette circulaire. Car les financements de notre mission doivent être basés sur le droit global à l’accompagnement des jeunes, dans le cadre d’un service public. Nous sommes financés par l’État, les régions et les communes, et il manque des garde-fous. Il n’est pas tolérable, comme cela s’est passé à Woippy, qu’un maire décide de manière unilatérale de fermer une mission locale sans aucune contrainte.


Entretien réalisé par Ixchel Delaporte

 

photo D.R

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