17 février 2011 4 17 /02 /février /2011 22:01

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Ce documentaire militant raconte la bataille syndicale des femmes de chambre des hôtels Accor, et employées par le sous-traitant Arcade. Le film, réalisé par Ivora Cusack, vient de sortir en DVD et entame une tournée nationale (1).

 

Les femmes entrent en groupe dans le hall aux cris de « Accor complice » et y déploient des banderoles au message clair : « Nettoyage rime avec esclavage », semant partout au passage confettis et prospectus en tous genres. Les touristes les regardent d’un air éberlué. On y est, dans le feu de l’action, aux côtés des grévistes. C’est le choix de la réalisatrice. Nous faire entrer de plain pied dans le mouvement. Avec ses moments de découragements, ses échanges musclés avec les gérants des hôtels, les policiers et ce bras de fer permanent avec les dirigeants des groupes Arcade et Accor.

« Tout a commencé en 1998, raconte Mayan Faty, leader des grévistes. On avait un délégué syndical CFDT qui a essayé de nous aider. Il a été licencié. Dès qu’on essayait de demander des comptes à l’employeur, on nous menaçait. En janvier 2001, j’ai pris contact avec un délégué syndical de Sud. En mars 2002, je devenais déléguée syndicale et on entamait notre grève.» C’est donc l’histoire d’une lutte syndicale inédite. Une bataille longue et acharnée, menée par 22 femmes de chambre de la société de nettoyage Arcade. Munies de patience, de détermination et d’un comité de soutien infaillible, on voit des femmes en grève, toutes originaires d’Afrique noire, envahir des halls d’hôtels Accor et les sièges des sociétés de sous-traitance pour réclamer la baisse des cadences de travail et le paiement des heures travaillées.

Pendant un an, les femmes de ménage, le comité de soutien et l’intersyndical (SUD, CGT, CNT) jouent les perturbateurs dans les hôtels. Les médias s’y intéressent et relaient les revendications des grévistes. Ne pas lâcher face au secrétaire général d’Arcade qui explique que les cadences, c’est une simple question d’entraînement… Au bout d’un an, le sous-traitant finit par plier : elles obtiennent la plupart de leurs revendications. Tourné pendant près de quatre ans, le film ne s’arrête pas à cette victoire de taille. Il se poursuit avec une seconde lutte menée pour Mayan Faty, déléguée syndicale, licenciée officiellement pour avoir dépassé son quota d’heures syndicales. Rebelote, le comité se réactive et voilà les militants en plein déjeuner sur l’herbe dans les halls des hôtels. « Maintenant, je ne me laisse plus faire. J’ai appris plein de choses par rapport aux lois du travail. Quand on fait la grève, on a compris nos droits. On s’est fait respecter », conclut Fatoumata Coulibaly, une des grévistes.

Ixchel Delaporte  

(1) Les prochaines projections :  le 24 février 2011 au cinéma Diagonal à Montpellier ; le 26 février 2011 à 20h30au Centre social de Lons-le-Saunier et le 8 mars 2011 à 18hau CinéToiles de Digne-les-Bains.Et pour suivre les dates et les lieux de projection et pour commander le DVD : http://remue-menage.360etmemeplus.org

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commentaires

quent1 22/02/2011


J'avais acheté à l'ami Gianni C. la courte vidéocassette d'origine de la même cinéaste, un livre d'un ami Jacques C à qui j'avais fait connaître cette lutte avait relaté, et il y a peu j'ai acheté
la version longue dont vous parlez. Dommage pour Faty qui a été remerciée, loi de la jungle! Et s'intéresser à qui siégeait comme DRH des "grands hôtels", C.K. avait aussi d'autres places
confortables et côtoyait ainsi d'autres "dames" bien assises dans le confort perpétuel


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