Partager l'article ! Des zones urbaines très sensibles aux injustices...: Le rapport de l'Observatoire des zones urbaines sensibles 2011 ...
Le rapport de l'Observatoire des zones urbaines sensibles 2011 a été remis ce matin au ministère de la Ville. Malgré un constat accablant, le ministre a joué la carte de l'auto-satisafaction.
Le rapport 2011 de l’ONZUS dresse un sombre tableau de la situation socio-économique des zones urbaines sensibles. Une fois de plus, la lecture des constats établis par le rapport «de manière très objective», dixit la présidente de l’observatoire Bernadette Malgorn, donne toutes les raisons de se révolter. Une fois de plus, le rapport a été présenté sous un jour favorable à l’action menée par le gouvernement. Là, en revanche, on peut douter de son objectivité. Que dit ce rapport ? D’abord, la population des ZUS garde le même profil que l’an passé : plus jeune, moins diplômée et moins active. Le taux de chômage s’élève à 42 % pour les 15-24 ans. A ce chiffre très élevé, le ministre de la Ville Maurice Leroy n’a cessé d’opposer l’action du gouvernement avec toujours les mêmes rengaines érigées en solutions : les zones franches urbaines (ZFU) financées par l’Etat à hauteur de 383 millions d’euros pour l’année 2012. Pourtant, les habitants des quartiers n’en tirent qu’un bénéfice très limité. Sur les 307 000 salariés concernés, les entreprises ont pour obligation, quand elles ne la contournent pas, l’embauche d’un habitants des ZUS sur trois. L’impact sur l’emploi est à relativiser. Près du quart des entreprises situées en ZFU n’emploient aucun salarié. Globalement, le nombre d’embauches augmente, mais à un rythme « bien trop lent pour combler l’écart avec les autres territoires», indiquait en octobre 2010 le rapport d’information des chercheurs Thomas Kirszbaum et Renaud Epstein.
Dans un entretien donné au journal Le Monde, daté du 2 novembre, Maurice Leroy affirme que «chez nous, la République, malgré ses défauts, ne laisse pas les gens de côté». C’est pourtant le contraire qui ressort dans le rapport de l’ONZUS. Pour la première fois, il s’attarde sur la base de l’enquête Trajectoires et origines (2008-Ined, Insee), sur «l’intégration et les discriminations» subies par «les immigrés et les descendants d’immigrés». Concernant leur taux de chômage, il est globalement plus élevé que celui du reste de la population. Et, «lorsqu’ils sont en emploi, les immigrés et les descendants d’immigrés touchent des salaires en moyenne moins élevés», détaille le rapport. Quant au type d’emploi, pour les hommes comme pour les femmes, «il est plus souvent ouvrier et moins souvent cadre». Les mêmes sont «plus souvent locataires que propriétaires». Comment dèslors ne pas ressentir un sentiment d’injustice et de mise à l’écart ? «Les personnes estimant avoir été victimes de discriminations raciales pensent 17 fois plus souvent que les autres avoir également été victimes de discriminiations territoriales». Décidémment, le sentiment du ministre de la Ville semble bien éloigné de celui des habitants des quartiers populaires.
Ixchel Delaporte
photo : afp.com/Bertrand Guay
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